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TEMOIGNAGE DE VIVIANE ET VINCENT
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Mariés depuis 3 ans, quoi de plus normal que de vouloir fonder une famille. J'ai arrété la pillule fin 95. L'année de notre mariage, nous nous sommes peu inquiétés de ne "rien voir". Ayant consulté une gynécologue, elle me demanda de prendre ma courbe de température durant 6 mois, il fût révélé que j'avais des ovulations capricieuses.

En 1996, j'ai rencontré mon gynéco actuel qui m'a expliqué que mes ovulations étaient irrégulières et parfois je n'ovulais pas. A sa demande, je passais plusieurs échographies pelviennes, un bilan hormonal, une hystérosalpintographie : un mauvais souvenir de part l'examen en lui même qui est douloureux mais aussi de par la réaction du médecin qui pratiquait l'examen : En plein milieu, il s'est levé pour me dire que je ne poursuivrais jamais de grossesse à terme car mon utérus était trop petit. Je me suis affolée et l'ai bombardé de questions. Il m'a dit qu'il finissait son travail et qu'on en reparlerait après. Alors que je me rhabillais, il est venu : il s'était trompé, mon utérus avait une taille normale et mes grossesses se passeraient bien, il ne s'est même pas excusé.... Malgré les résultats signifiant que tout va bien, ce médecin a mis le doute en moi. Tous ces examens révélèrent que tout était normal chez moi et que je pouvais parfaitement être enceinte naturellement.

Le médecin me prescrivit du Clomid pour une stimulation ovarienne, pour une durée de 8 mois. Ce fût l'échec, j'ai été malade durant le traitement, les effets secondaires sont très pénibles : maux de ventre très violents, malaises, nausées. Mes règles étaient à chaque fois hémorragiques et duraient longtemps (je saignais durant 2 mois sans discontinuer plusieurs fois, j'ai fini chez le gynéco qui me disait :'"C'est un cycle foireux, ça va passer").
J'ai passé le test d'Huhner.
Mon mari a passé un spermogramme, tout va bien chez lui.
Nous avons décidé durant 6 mois de faire un break car j'était très éprouvée par le traitement et plutôt déprimée.

Puis, le médecin m'a prescrit une stimulation ovarienne sous GONAL F 75 avec rapports programmés. Ce sont des injections d'hormones à faire dès le 3ème jour des règles et ce, durant plusieurs jours. Lors de cette première partie du traitement, il faut passer une ou plusieurs échographies vaginales afin de détecter la présence de folicules ainsi que faire des prises de sang pour déterminer le taux d'oestrogènes. Lorsque ce taux est supérieur ou égal à 200 et que les follicules ont atteints la taille de 16 à 18 mm, on injcte des gonadotrophines chorioniques. L'ovulation doit survenir 48 heures après. Le médecin conseille d'avoir des rapports le jour d'avant, le jour même et le jour d'après de l'ovulation.
Ensuite, il faut attendre au moins deux semaines pour connaître le résultat. Ce n'est pas facile car des effets secondaires peuvent survenir : maux de ventre et du fait de l'injection hormonale, on ressent les prémices d'une grossesse. Il faut arriver à se détendre et se reposer.

Pour ma part, j'ai effectué le traitement deux fois et cela n'a pas marché. Chaque échec est difficile à gérer, c'est une remise en question et il faut faire le deuil du bébé imaginé. Dans la plupart des cas, les femmes répondent bien à ce type de traitement, cela marche bien mais le plus diffiicle, c'est que la grossesse se déclenche et là, hélas, on ne peut qu'attendre que Dame nature fasse son travail.

Tout ceci est difficile à vivre pour nous. Autour de nous, pleins de jolis bébés sont nés et l'on se demande : "pourquoi pas nous ?" J'ai longtemps culpabilisé, je ne me sentais pas du tout à ma place. Je me sentais mal à l'aise et j'avais l'impression que mon ventre serait toujours vide. Nous avons eu beaucoup de faux espoirs et chaque échec est une remise en question. Nous sommes aussi confrontés à une certaine incompréhension de la part de nos familles et amis. Certains n'osent pas nous en parler, d'autres nous donnent des conseils maladroits.
Un petit lot nous soutient malgré tout mais l'on sent de la pudeur lorsqu'on aborde le sujet. Combien de fois ai je eu envie d'appeler un de mes proches et parler de mon mal être mais je n'ai jamais osé, de peur de déranger
Mon mari et moi sommes très liés et cette tempête nous rapproche d'autant plus. Nous vivons ensemble cette galère en n'oubliant pas d'être optimistes et réalistes.
Il faut beaucoup de courage pour vivre et gérer sa stérilité, les échecs sont très douloureux à assumer et à chaque fois, il faut retrouver l'espoir et l'énergie de se battre.

Dernières nouvelles à mai 2000, j'ai vu mon médecin il y a peu. Nous avons parlé de procréation médicalement assistée car après 4 ans d'attente, Vincent et moi souhaitions recourir à une fécondation in vitro. Elle est donc prévue pour septembre-octobre. je ne manquerai pas de vous tenir au courant.

Personnellement, je garde espoir et vous souhaite bon courage.

Viviane, webmestresse de La passerelle.
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