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Accueillir la fécondité de l’amour
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Nous sommes Georges et Marie-Josette, un couple engagé depuis 30 ans dans le mariage, et qui a connu le " creux ", la " croix " de n’avoir pas donné la vie selon la chair, mais qui a connu en même temps la joie d’être comblé par Celui qui est la Vie. C’est cela que nous voudrions tout simplement partager, nous qui pourrions aujourd’hui être de jeunes grands parents !
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Au commencement, Dieu dit " soyez féconds ". C’est là son projet pour l’homme et pour la femme, le signe de sa bénédiction. Tout couple désire, lorsqu’il s’engage dans le mariage, avoir des enfants nés de lui. " Dieu, qui est amour et vie, a inscrit dans l’homme et la femme la vocation à son oeuvre de créateur et de père... " (Jean-Paul II dans sa lettre " Familiaris Consortio ") Dieu veut donc que nous participions à sa création, par l’enfantement. Comment alors, un couple peut-il vivre ce projet lorsqu’il sait qu’il ne pourra pas avoir d’enfant issu de sa chair ? Un an après notre mariage Georges a eu un cancer grave et une intervention chirurgicale l’a rendu définitivement stérile. Ce fut pour notre couple un choc à accepter ! Savoir que nous n’aurions jamais d’enfant, ne pas pouvoir être mère, être père, fut pour nous une réelle souffrance, d’ailleurs vécue différemment par l’un et par l’autre. La prise de conscience fut plus immédiate pour Marie-Josette, et pour Georges plus progressive... Mais nous avons vécu cette épreuve dans une grande solidarité mutuelle. Au bout de 5 ans, les médecins purent attester de la guérison de Georges, mais restait cependant la question de la stérilité. Ce fut alors l’époque des questions existentielles : Pour qui notre vie ? Dans quel but ? C’est alors que nous avons fait une rencontre personnelle avec le Christ Seigneur et Sauveur, et que nous nous sommes convertis à Lui, retrouvant nos racines catholiques. Ce fut une expérience bouleversante. Notre vie prit un tournant nouveau. Nous avons alors réalisé 3 choses : Dieu est Amour, et nous sommes faits pour l’amour. Dieu est Vie et nous sommes faits pour transmettre la vie. Dieu est Don, et nous sommes faits pour nous donner à Dieu et aux autres.
1) Dieu est Amour. Nous croyons qu’en tout amour véritable, il n’y a plus de stérilité. La vie conjugale doit être un signe de l’Amour de Dieu pour les autres. Notre sexualité conjugale n’a pas été touchée par la maladie et son rôle est tellement important dans la vie d’un couple ! Nous avons compris que notre union physique et spirituelle était appelée à grandir. Notre fidélité à cette union devait forcément porter du fruit. Nous croyons vraiment que les couples sans enfant peuvent être totalement un signe de la vocation du couple. Dieu veut que nous soyons une véritable image de son amour pour l’humanité. Peut-être les couples sans enfant ont-ils pour mission de rappeler aux couples chargés d’une famille que la vocation première du couple est de vivre l’unité fondamentale de l’homme et de la femme dans l’Amour. Les enfants ont besoin de sentir que leurs parents s’aiment, autant que de sentir qu’ils sont aimés. 2) Dieu est vie. Comment pouvions-nous transmettre la Vie ? Nous avons d’abord consulté des médecins spécialistes pour savoir ce qu’il était possible de faire. Après avoir confirmé la stérilité définitive, ils n’eurent pour nous d’autres choix que l’insémination avec donneur (nous étions à la fin des années 1970 et c’était le début de la Fécondation In Vitro). Intuitivement, nous avons compris que cette voie n’était pas juste pour notre couple. Une recherche en laboratoire, froide, sans lien avec notre vie conjugale nous paraissait une manipulation d’homme bien loin du Créateur ! Notre intuition a été confirmée par la sortie du document de l’Eglise " Donum Vitae " en 1987 : " L’insémination artificielle est proscrite en raison de la dissociation opérée entre les deux significations de l’acte conjugal : l’union et la procréation. " La vie doit être transmise au cours de l’union amoureuse, et non indépendamment de cette union. Sinon on risque de considérer l’enfant comme un produit à fabriquer, en dehors de l’union conjugale, ce que l’Eglise ne peut accepter. Ce texte fut une lumière pour nous. Alors nous nous sommes souvenus d’une parole donnée par un des spécialistes de la stérilité masculine : " Vous devez chercher quelle est votre fécondité ". Cette parole a tout de suite élargi nos cœurs. Bien sûr, nous nous étions posé la question de l’adoption, mais nous étions tous les deux d’accord pour penser que ce n’était pas notre voie. Nous pensions que Dieu voulait nous donner une autre fécondité. Jean-Paul II dans " Familiaris Consortio " dit encore : " Il ne faut pas oublier que même dans les cas où la procréation est impossible, la vie conjugale garde toute sa valeur. La stérilité physique peut en effet être pour le couple l’occasion de rendre d’autres services importants à la vie de la personne humaine tels que l’adoption, les oeuvres variées d’éducation, l’aide aux autres familles, aux enfants pauvres, ou handicapés. " Voici donc une dynamique de fécondité qui s’oppose à la logique de " l’enfant pour soi ", désir légitime, mais à remettre dans le plan de la création de Dieu.
3) Dieu est don. Ce qui se précisait au fil des années, c’était que nous étions appelés à nous donner aux autres. Que notre vie ne devait pas être gardée pour elle-même. Comment ? Nous ne le savions pas vraiment. Mais nous avions un appel à tout quitter pour servir Dieu en suivant le Christ. Un jour nous avons décidé de prendre deux jours de prière et de jeûne, pour remettre cette orientation devant Dieu. Ce fut alors un nouveau tournant de notre vie de couple. A partir de ce moment là, la stérilité a cessé d’être un problème pour nous, elle a été offerte à Dieu, en sachant que " tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ". Nous avons eu cette certitude profonde que dieu allait prendre ce " creux " pour le combler. On lui offrait ce bien maigre cadeau de nos vies infécondes pour qu’il nous donne sa vie ! Nous lui avons offert notre infécondité afin qu’elle s’intègre dans son plan d’amour sur nos vies. Nous avons alors quitté notre vie professionnelle – gestion d’entreprise et institutrice - pour travailler à plein temps pour le Christ et son Eglise. En 1986, avec trois autres personnes, nous avons fondé la Communauté du Verbe de Vie (à Aubazine - 19), qui fait partie aujourd’hui des Communautés Nouvelles de l’Eglise Catholique. Près de 15 ans plus tard, nous sommes au service - en tant que responsables - de cette Communauté qui compte en France, Suisse, Belgique, Italie et Brésil, plus de 130 membres engagés à temps plein. Chaque année, ce sont des milliers de personnes qui viennent, dans les diverses maisons du Verbe de Vie, pour se ressourcer, pour se former dans la vie spirituelle. Et aujourd’hui, Marie-Josette peut dire qu’elle est vraie cette parole du psaume 113 : " Il fait asseoir en sa maison la femme stérile, heureuse mère au milieu de ses fils. " La fécondité d’un couple ne lui appartient pas. Elle vient de Dieu, nous devons lui laisser l’initiative, et non la lui arracher de sa main. Dieu donnera la fécondité à tout couple qui s’en remettra à lui. Nous croyons aussi que Marie, Mère de Jésus et de l’Eglise, peut nous aider à trouver notre fécondité, elle qui a su accueillir Jésus, le don de Dieu par excellence. |